Dos cajas de recambios en un taller: piezas nuevas embaladas frente a piezas de reutilización a granel, mientras un técnico revisa una checklist.

Pièces issues de l’économie circulaire: 91% favorables…mais l’usage reste marginal en atelier

Les PIEC (pièces issues de l’économie circulaire) s’imposent comme une réponse très concrète à la hausse du coût de réparation : elles peuvent réduire la facture, limiter l’empreinte carbone et améliorer la disponibilité sur certaines références. Pourtant, les derniers baromètres publiés fin 2025 pointent un paradoxe persistant : l’adhésion est massive… mais l’usage réel en atelier progresse lentement.

À retenir

  • 91% des automobilistes se déclarent favorables aux PIEC (baromètre Valused/OpinionWay, décembre 2025).
  • Le prix reste le premier moteur de choix ; l’argument environnemental progresse, mais vient souvent en second.
  • Malgré l’intérêt, l’utilisation reste limitée : le baromètre Valused cite 5,9% de réparations concernées en 2025.
  • Côté professionnels, 61% des réparateurs déclarent proposer systématiquement une PIEC (baromètre Mobilians, 2025).

PIEC : de quoi parle-t-on exactement ?

La PIEC regroupe différentes formes de pièces “circulaires”, selon leur origine et leur mode de remise en état :

  • Pièce de réemploi : issue d’un véhicule hors d’usage (VHU), contrôlée et remise sur le marché.
  • Pièce reconditionnée / remanufacturée : démontée, testée, remise à neuf selon un process industriel (avec remplacement de composants d’usure).
  • Pièce rénovée (selon les acteurs) : remise en état plus légère, généralement avec contrôle qualité et garantie.

Dans tous les cas, l’enjeu est le même : proposer une alternative crédible au neuf, avec un niveau de confiance suffisant (traçabilité, contrôle, garantie, délais).

Pourquoi les PIEC séduisent : pouvoir d’achat + impact CO₂

Dans un contexte où de nombreux automobilistes arbitrent, reportent ou limitent des réparations, la PIEC s’impose comme une solution “bon sens”. Elle agit sur le principal poste variable du devis : le prix de la pièce. Une économie sur la pièce peut suffire à rendre une réparation acceptable, notamment sur des véhicules plus âgés.

En parallèle, l’argument environnemental gagne du terrain : prolonger la durée de vie des composants, éviter la production d’une pièce neuve et réduire les déchets s’inscrit dans une logique d’économie circulaire. Pour les réseaux et assureurs, la PIEC devient aussi un levier de décarbonation de la filière réparation.

Ce que disent les baromètres fin 2025 : un “oui” massif, mais un passage à l’acte incomplet

Le baromètre Valused / OpinionWay (décembre 2025) met en avant une adhésion très élevée : 91% des automobilistes se disent favorables aux PIEC. Mais l’étude souligne aussi un écart important entre l’intention et l’usage, avec seulement 5,9% de réparations concernées en 2025 (chiffre cité).

Le baromètre Mobilians (édition 2025) apporte un éclairage “terrain” côté ateliers : 61% des réparateurs déclarent proposer désormais systématiquement une PIEC, et cette recommandation est souvent bien acceptée par les clients. L’enjeu n’est donc plus seulement de “convaincre”, mais de rendre la PIEC fluide dans l’exécution quotidienne (recherche, disponibilité, délais, retours).

Cadre réglementaire : une obligation d’information… et des catégories de pièces encadrées

En France, le recours aux pièces issues de l’économie circulaire s’inscrit dans un cadre réglementaire progressif. Un texte clé est le décret n°2016-703, qui précise notamment des catégories de pièces concernées (exemples : pièces de carrosserie amovibles, garnissage intérieur/sellerie, vitrages non collés, pièces optiques, certaines pièces mécaniques/électroniques avec exclusions).

Le dispositif a été modernisé récemment, notamment via le décret n°2024-823 relatif à l’utilisation de pièces issues de l’économie circulaire pour la réparation des véhicules (auto et 2/3 roues).

Dans les faits, ces textes renforcent l’idée que la PIEC n’est plus un “extra”, mais une option à intégrer dans les pratiques (information, proposition, traçabilité), avec des exceptions liées à la sécurité, la disponibilité ou des contraintes techniques.

Pourquoi ça coince encore : 4 freins très opérationnels

Le principal blocage n’est pas idéologique : il est logistique et opérationnel. Les ateliers fonctionnent avec des délais serrés, et un client accepte rarement une immobilisation prolongée. Les freins les plus fréquents :

  • Disponibilité variable selon les références (parc, âge, sinistres, tension marché).
  • Délais parfois incompatibles avec la promesse client (et coût d’immobilisation).
  • Qualité perçue (état réel, contrôle, standardisation, photos, historique).
  • Temps de recherche et “coûts cachés” pour l’atelier (appels, comparaisons, retours).

Les leviers pour “industrialiser” la PIEC en 2026

Pour transformer l’adhésion en volumes, la filière doit rendre la PIEC aussi simple qu’une pièce neuve. Concrètement :

1) Fiabiliser la promesse (confiance)

  • Traçabilité (origine, référence, compatibilité VIN quand possible, historique de contrôle).
  • Contrôle qualité standardisé (check-list, photos, tests sur familles sensibles).
  • Garantie claire et homogène (conditions, délais, prise en charge).

2) Accélérer l’accès (vitesse)

  • Recherche outillée (catalogues, plateformes, intégration DMS quand possible).
  • Réponse rapide “oui/non” + alternatives de substitution.
  • Photos systématiques sur familles critiques (optique, carrosserie, intérieur).

3) Optimiser la logistique (zéro friction)

  • Engagements de délais, livraison J+1/J+2 sur zones couvertes.
  • Process de retours simple (étiquette, créneau enlèvement, remboursement rapide).
  • Gestion des litiges industrialisée (photos, constat, SLA).

4) Outiller l’argumentaire client (pédagogie)

  • Un discours simple : économie, impact environnemental, contrôle/garantie, délais.
  • Proposition structurée sur le devis : “Neuf / Alternative / PIEC” (quand pertinent).

Checklist atelier : intégrer la PIEC sans dégrader la productivité

  • Définir des familles “PIEC by default” (carrosserie amovible, optiques, intérieur…) quand la qualité et la logistique sont maîtrisées.
  • Créer une règle claire de bascule : si pas de disponibilité PIEC sous X heures → option neuve/alternative validée avec le client.
  • Standardiser la preuve : photos + traçabilité + mention garantie sur devis/facture.
  • Former l’accueil / réception : “comment l’expliquer en 20 secondes”.
  • Mesurer : taux de proposition, taux d’acceptation, temps moyen de recherche, taux de retours.

FAQ (courte) pour les automobilistes

  • Est-ce moins fiable ? Cela dépend de la famille de pièce et du contrôle. D’où l’importance de la traçabilité, des photos et de la garantie.
  • La garantie est-elle la même ? Elle varie selon les acteurs : demandez la durée et les conditions, comme pour une pièce neuve.
  • Pourquoi ne me l’a-t-on pas proposée ? Disponibilité, délai ou pièce non éligible/pertinente selon le cas (sécurité, compatibilité, contraintes techniques).

Conclusion

La trajectoire est claire : la PIEC est plébiscitée et la filière se structure. Mais le passage à l’échelle dépendra moins des intentions que de l’exécution : disponibilité, vitesse, traçabilité et simplicité. En 2026, les gagnants seront ceux qui feront de la PIEC une option “normale”, fluide et sécurisée, au même niveau d’exigence opérationnelle que la pièce neuve.

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Benjamin Brait
Benjamin Brait
Responsable Développement Commercial France, RecambioFacil

Benjamin Brait, Français résidant en Espagne, possède une vaste expérience dans le développement commercial international, particulièrement dans le secteur de l'exportation. Tout au long de sa carrière, il a occupé des postes stratégiques visant à renforcer les relations commerciales entre la France et les marchés étrangers. En tant que Responsable du Développement Commercial pour la France chez RecambioFacil, il joue un rôle clé dans la croissance et l’implantation de l’entreprise sur le marché français, en utilisant son expertise pour créer des synergies entre les marchés français et espagnols.

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