Présenté mi-décembre 2025, le “Automotive Package” de la Commission européenne vise à réconcilier trois priorités : décarbonation, compétitivité et souveraineté industrielle. Le texte marque une inflexion notable : l’objectif de transformation du marché est maintenu, mais Bruxelles introduit davantage de flexibilité sur la trajectoire, ce qui change la lecture du jalon 2035.
En clair Le signal est celui d’un retour au pragmatisme : moins de dogme “mono-technologie”, plus de contraintes industrielles et de réalité de marché… mais avec un risque de flou sur le tempo pour certains acteurs.
1) 2035 : l’objectif reste, mais la Commission ouvre des marges
L’un des messages centraux du paquet est la volonté de conserver une trajectoire très ambitieuse, tout en permettant une part résiduelle à traiter via différents leviers (chaîne de valeur, matériaux bas carbone, etc.). Cette orientation est accueillie favorablement par une partie de la filière, qui y voit une manière de réduire l’écart entre le texte et la réalité d’adoption par le marché.
Ce que la filière y gagne
- Un cadre potentiellement plus tenable sur le plan industriel.
- Une meilleure prévisibilité pour planifier investissements et production.
- Un discours plus cohérent avec une transition qui restera multi-énergies pendant des années.
Le risque associé
- Un message “marché” moins lisible pour certains acheteurs et flottes.
- Un ralentissement d’investissements si la perception devient “on a du temps”.
- Une concurrence accrue des régions qui continuent d’accélérer fortement sur l’électrique.
2) Le point dur : les utilitaires légers (VUL)
Là où la flexibilité est plutôt bien accueillie sur le marché VP, le segment des véhicules utilitaires légers reste le sujet de crispation. Les constructeurs soulignent que l’appétit pour le VUL électrique demeure insuffisant dans de nombreux pays et usages (coûts, recharge, opérationnel), et demandent des aménagements plus structurants.
Dans les réactions sectorielles, un point revient : la nécessité d’un lissage plus robuste des objectifs (période 2025–2029) pour éviter un “mur” réglementaire, des amendes et des arbitrages industriels défensifs.
3) Ce que cela change pour l’après-vente (lecture business)
- Parc plus hétérogène plus longtemps : thermique, hybride, PHEV et BEV coexisteront, complexifiant la gestion pièces/outillage.
- Compétences VE à accélérer : diagnostic, sécurité, outillage HV, procédures batterie — même si le thermique perdure.
- Flottes/VUL : la pression réglementaire sur le VUL peut créer des vitesses de transition différentes selon métiers et régions, impactant l’âge moyen du parc.
Angle éditorial “après-vente” (utile pour Recambiofacil) Plus que “pour ou contre 2035”, la vraie question terrain devient : comment investir sans se tromper quand le parc restera multi-technologies. Cela renforce la valeur des distributeurs capables d’assurer disponibilité, formation et support technique.
4) Liens à intégrer (sources & organisations)
Liens recommandés pour ancrer l’article et mailler vers les acteurs cités :
- Commission européenne (Automotive Package – press corner) : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip_25_3051
- DG MOVE (page thématique Automotive Package) : https://transport.ec.europa.eu/transport-themes/action-plan-future-automotive-sector/automotive-package_en
- ACEA (réaction officielle) : https://www.acea.auto/press-release/automotive-package-delivers-first-important-step-to-amending-co2-legislation-for-cars-and-vans/
- PFA (Plateforme automobile – organisation professionnelle) : https://pfa-auto.fr/

