Marques chinoises : LKQ alerte l’après-vente sur le défi qui arrive dans les ateliers
La progression rapide des marques automobiles chinoises en Europe pose désormais une question concrète à l’après-vente indépendante : qui entretiendra et réparera ces véhicules une fois sortis des réseaux constructeurs ? Le distributeur de pièces LKQ Europe alerte sur un décalage entre la vitesse d’arrivée de ces marques et la préparation des ateliers, des assureurs et des circuits de pièces. recambiofacil détaille les points soulevés.
- Progression rapide : douze marques chinoises représentaient 16,5 % des immatriculations britanniques en avril 2026.
- Trois points faibles identifiés : disponibilité des pièces, accès aux données techniques et confiance des assureurs.
- Conséquence assurance : primes plus élevées, voire refus de couverture, sur certains modèles chinois au Royaume-Uni.
- Opportunité pour l’après-vente : les ateliers équipés en pièces, outils de diagnostic et formation pourraient capter une part croissante de l’entretien de ce segment.
Une progression qui change d’échelle
Longtemps marginales dans le parc automobile européen, les marques chinoises changent d’échelle. Pour LKQ Europe, distributeur de pièces de rechange, cette évolution ne concerne plus seulement les constructeurs et les réseaux de véhicules neufs : l’après-vente indépendante doit désormais se préparer à accueillir ces voitures dans ses ateliers.
Le distributeur prend l’exemple du Royaume-Uni, où la progression est particulièrement rapide. En avril 2026, douze marques chinoises figuraient dans les statistiques d’immatriculations britanniques, avec 24 669 véhicules cumulés, soit 16,5 % du marché sur le mois. Sur les quatre premiers mois de l’année, les constructeurs chinois auraient écoulé 80 960 véhicules outre-Manche, et les immatriculations cumulées de BYD et du groupe Chery auraient dépassé celles de Volkswagen, première marque du marché britannique. En Europe, les marques du groupe Chery, dont Omoda et Jaecoo, ont enregistré une progression de 338 % sur la même période.
Pièces et données : le maillon faible identifié par LKQ
Cette progression pose une question à laquelle l’après-vente doit rapidement répondre : les infrastructures de réparation évoluent-elles aussi vite que le parc ? Pour LKQ Europe, ce n’est pas encore tout à fait le cas. Trois sujets sont identifiés : la disponibilité des pièces, l’accès aux informations nécessaires à la réparation et la confiance des assureurs.
Le problème apparaît déjà dans le domaine de la collision. Au Royaume-Uni, certaines voitures chinoises supporteraient des primes d’assurance sensiblement plus élevées que leurs concurrentes européennes, tandis que certains assureurs refuseraient même de les couvrir. LKQ identifie plusieurs explications : un historique de sinistres encore limité, des circuits d’approvisionnement en pièces en cours de constitution et des incertitudes sur la réparabilité des batteries. Résultat, certains véhicules seraient déclarés économiquement irréparables après des dommages qui, sur des modèles mieux connus des réparateurs, pourraient donner lieu à une réparation classique.
Une opportunité à saisir pour l’après-vente indépendante
LKQ rappelle que les marques japonaises, puis coréennes, ont connu des difficultés comparables lors de leur implantation en Europe, mais que la vitesse d’arrivée des nouveaux acteurs chinois est sans précédent. Davantage de nouvelles marques seraient apparues sur le marché britannique en dix-huit mois que durant les deux décennies précédentes.
Le distributeur affirme travailler depuis quelque temps à l’élargissement de sa couverture pièces et de son support technique pour les véhicules de marques chinoises. Pour restaurer la confiance des assureurs, il estime nécessaire de rendre les coûts de réparation prévisibles, ce qui suppose des pièces accessibles dans des délais et des prix connus, ainsi que des données techniques partagées entre équipementiers, distributeurs et réseaux d’ateliers. Les ateliers capables de disposer des bonnes pièces, des outils de diagnostic adaptés et de techniciens formés pourraient, selon LKQ, capter une part importante de l’entretien d’un segment appelé à peser de plus en plus lourd dans le parc.

