Les syndicats du groupe Stellantis ont exprimé de vives inquiétudes face aux prochaines normes européennes d’émissions de CO₂, qu’ils estiment susceptibles de fragiliser la production industrielle en France et plus largement en Europe. Ces préoccupations interviennent dans un contexte de transition énergétique accélérée et de pression réglementaire croissante sur l’ensemble du secteur automobile.
Selon les représentants syndicaux, l’application stricte de ces nouvelles règles pourrait avoir des conséquences importantes. Parmi les risques évoqués figurent des réductions de capacités industrielles sur certains sites, une hausse significative des coûts de production, ainsi qu’une accélération des suppressions d’emplois, notamment dans les usines déjà soumises à de fortes tensions économiques et sociales. Les syndicats soulignent également que ces mesures, si elles ne sont pas accompagnées d’un soutien industriel et technologique suffisant, pourraient compromettre la compétitivité européenne face aux constructeurs internationaux.
Pour atténuer ces effets, les syndicats appellent à une transition plus progressive vers la neutralité carbone, associée à des investissements massifs dans les technologies bas carbone, la modernisation des lignes de production et le développement de véhicules électrifiés. Ils insistent sur la nécessité d’un dialogue étroit entre les pouvoirs publics, les constructeurs et les représentants des salariés afin de garantir un équilibre entre objectifs environnementaux et maintien de l’emploi.
La Commission européenne doit finaliser dans les prochains mois le cadre réglementaire définissant les objectifs pour 2030 et 2035, qui s’appliqueront à l’ensemble des constructeurs. Ces décisions auront un impact direct sur la stratégie industrielle des groupes automobiles européens et sur la planification des investissements dans les usines et les technologies vertes.

