L’ANFA, via l’Observatoire des métiers des services de l’automobile, prévient que le nombre de jeunes de 15 à 19 ans reculera de 5 % en France entre 2025 et 2035. Dans un contexte où les besoins de recrutement restent élevés, la branche devra élargir les profils recrutés, en particulier dans les métiers techniques. Les écarts régionaux sont marqués.
- Démographie : les 15-19 ans devraient reculer de 5 % entre 2025 et 2035, jusqu’à 11 % en Normandie et 9 % en Bretagne.
- Tension locale : en Savoie et Haute-Savoie, plus de 90 % des recrutements de mécaniciens et techniciens sont jugés difficiles.
- Formation : 70 % des apprentis sont en emploi six mois après leur formation, contre 40 % des élèves de la voie scolaire.
- Décrochage : l’ANFA estime à 25 % l’attrition sur les deux dernières années de CAP et de bac pro automobile.
- Mixité : les femmes représentent près de 23 % des salariés de la branche mais 2 % des mécaniciens et carrossiers en poste.
Ce que montre l’étude Autofocus de l’ANFA
Selon Auto-Infos, l’étude correspond au 125e numéro d’Autofocus, publié par l’Observatoire des métiers des services de l’automobile de l’ANFA. Elle précise que la démographie est le premier moteur de l’emploi dans le commerce et la réparation automobiles, sans pour autant expliquer tous les écarts entre territoires.
Le point d’alerte principal concerne la tranche des 15-19 ans, dont l’effectif devrait reculer de 5 % en France entre 2025 et 2035. La baisse pourrait atteindre 11 % en Normandie et 9 % en Bretagne. L’étude note que les organismes de formation n’avaient jusqu’à présent jamais été confrontés à une limitation démographique.
Des réalités très différentes selon les territoires
Paris est le seul département français où l’emploi salarié dans le commerce et la réparation automobiles a baissé sur dix ans, de 22 %. À l’inverse, en Savoie et Haute-Savoie, plus de 90 % des recrutements de mécaniciens et de techniciens sont considérés comme difficiles. La part des apprentis y est le double de celle du reste de la France, et l’étude cite les salaires suisses parmi les causes de la tension.
En Hauts-de-France, on compte 21,5 jeunes en formation pour 100 salariés du commerce et de la réparation, avec une sur-formation dans certaines filières. La part de l’apprentissage dans les formations automobiles atteint 64,5 % en Auvergne-Rhône-Alpes contre 39 % en Hauts-de-France. L’ANFA cite aussi des créations d’emplois locales, comme le centre de reconditionnement de véhicules d’occasion d’Emil Frey à Châtellerault et le centre du groupe Dubreuil à Saint-Porchaire.
Insertion, attrition et mixité
Selon les données InserJeunes citées par l’ANFA, 70 % des apprentis sont en emploi six mois après leur formation, contre 40 % des élèves de la voie scolaire. L’insertion des apprentis en maintenance des véhicules particuliers varie de 63 % à 75 % selon les régions. L’ANFA estime par ailleurs à 25 % l’attrition au niveau national sur les deux dernières années de CAP et de bac pro automobile, en incluant décrochages et échecs aux examens.
Sur la mixité, les femmes représentent près de 23 % des salariés de la branche mais seulement 2 % des mécaniciens et carrossiers en poste. Le nombre de jeunes femmes en formation a triplé depuis 2016 et a progressé de 12 % à la rentrée 2025-2026.
Ce que cela implique pour la branche
Autre donnée citée à partir de GiPA : les passages en atelier augmentent jusqu’à neuf ans d’âge du véhicule, puis baissent, et seuls 67 % des véhicules de plus de 20 ans passent chaque année chez un professionnel. Jocelyn Gombault, responsable de projets à l’Observatoire, résume l’enjeu : « Le principal défi des prochaines années réside dans la capacité de la branche à mieux anticiper les évolutions de son vivier de jeunes, dans un contexte de progression de l’emploi, de transformation du parc, des besoins de qualification et de départs importants en fin de carrière ».
L’ANFA recommande d’élargir les profils recrutés, en particulier dans les métiers techniques. Les employeurs de réparation et de distribution de pièces devront donc suivre l’évolution de leur bassin local de jeunes et de leurs dispositifs d’apprentissage.
