L’éco-organisme Recycler Mon Véhicule (RMV) réclame un renforcement des outils juridiques contre les casses illégales, qui traiteraient chaque année plus de 300 000 véhicules hors filière agréée. Il lance en parallèle sa première campagne grand public, avec un enjeu direct pour les volumes de pièces de réemploi disponibles pour la réparation.
- Volume : environ 300 000 véhicules par an, soit un véhicule hors d’usage sur cinq, échapperaient aux professionnels agréés selon RMV.
- Demande : intervenir dès le premier maillon visible de la chaîne et prévoir des contraventions dissuasives.
- Campagne : première campagne nationale grand public, du 14 octobre au 7 novembre 2026.
- Impact réparation : moins de véhicules traités par la filière agréée, donc moins de pièces de réemploi disponibles.
Recycler Mon Véhicule (RMV), éco-organisme agréé par l’État qui regroupe 93 marques automobiles et de deux-roues, appelle les pouvoirs publics à renforcer les moyens de lutte contre les casses illégales, selon J2R le 14 octobre 2026. Selon l’éco-organisme, les filières clandestines traiteraient chaque année 20 % des véhicules retirés de la circulation, soit plus de 300 000 unités.
Ce que demande l’éco-organisme
RMV constate que, depuis le début de 2026, les opérations coup-de-poing et les décisions judiciaires contre les casses illégales se multiplient, avec des cas cités au Sap-André (Orne), à Pont-sur-Seine (Aube), à Lons-le-Saunier (Jura) et à Saint-Pardoux-Soutiers (Deux-Sèvres). Cela ne suffit pas, estime-t-il. Il soutient plusieurs projets d’amendement législatif afin de pouvoir agir « dès le premier maillon visible de la chaîne », d’identifier et de sanctionner les acteurs des filières parallèles par des contraventions dissuasives et de prendre des mesures coercitives rapides contre les stockages sauvages. Vanessa Montagne, directrice générale de RMV, affirme : « Nous ne pouvons pas laisser des situations de stockage sauvage perdurer pendant des années avant d’agir ».
Le cas du Sap-André
Le 6 octobre 2026, un épaviste illégal de l’Orne a été jugé par le tribunal correctionnel d’Argentan. Selon J2R et Auto Infos, la première demande de mise en conformité date de 2017 et un contrôle de la gendarmerie et de la Dreal en janvier 2024 a relevé des dispositifs de dépollution insuffisants sur ses deux sites. La sanction comprend une amende de 15 000 euros, la confiscation de plus de 124 000 euros et l’obligation de dépolluer les terrains sous huit mois. J2R estime la remise en état à 55 000 euros. L’exploitant avait refusé d’investir pour se mettre en conformité, ce qui, souligne l’article, créait une concurrence déloyale envers les professionnels en règle.
Une campagne grand public
RMV lance sa première campagne nationale grand public, menée avec l’agence Monolith KLH. Elle comprend des vidéos sur les sites de la presse quotidienne régionale jusqu’au 7 novembre, un affichage digital dans des grandes surfaces du 14 au 21 octobre et un reciblage publicitaire sur mobile du 15 octobre au 7 novembre. La cible principale compte 7,8 millions de personnes, soit 14 % des 15 ans et plus, propriétaires de véhicules de plus de dix ans, avec un âge moyen de 56 ans. Le message invite à confier le véhicule à un centre agréé et rappelle les risques liés aux « faux épavistes » : responsabilité administrative maintenue, amendes, usurpation de plaques, assurance toujours à payer et dépollution insuffisante des fluides.
Ce que cela change pour la réparation
Pour la réparation, l’enjeu est l’approvisionnement : RMV met en avant l’objectif d’augmenter les volumes de pièces issues de l’économie circulaire disponibles pour les ateliers. Plus de véhicules traités dans la filière agréée signifie, selon cette logique, plus de pièces de réemploi tracées. Ni RMV ni les sources consultées ne chiffrent à ce stade l’effet attendu sur les volumes de pièces.
