Cabina de pintura industrial con un vehículo protegido con plástico en su interior y panel de control técnico.

Cabines de peinture électriques : un coût encore élevé

Cabines de peinture électriques : un défi encore coûteux pour les carrossiers

Le gouvernement français a intégré l’électrification des cabines de peinture de carrosserie dans son plan de décarbonation des artisans, avec une enveloppe de 16 millions d’euros dédiée via l’appel à projets Decarb Flash de l’ADEME. Mais les fabricants de cabines électriques peinent encore à convaincre sur le plan économique face aux solutions au gaz. recambiofacil détaille les technologies disponibles et les réserves des professionnels.

  • Financement public : l’ADEME a ouvert une session dédiée de l’appel à projets Decarb Flash, dotée de 16 millions d’euros, pour financer jusqu’à 1 000 projets d’électrification artisanale tous métiers confondus.
  • Parc vieillissant : la France compterait entre 20 000 et 25 000 cabines de peinture, dont une grande partie fonctionne encore au gaz ; selon OMIA, 98 % des cabines sortant actuellement de son usine sont encore au gaz.
  • Écart de coût : les cabines électriques coûtent environ 90 000 à 100 000 euros contre 60 000 à 70 000 euros pour une cabine gaz équivalente, malgré des réductions de consommation annoncées entre 61 % et 65 %.
  • Prudence des professionnels : le président national des Carrossiers chez Mobilians juge le calendrier de l’aide publique trop serré face au temps réel d’adoption d’une nouvelle technologie en atelier.

Un dispositif public pour accélérer l’électrification

Le gouvernement français a intégré les cabines de peinture pour carrosseries dans la « mesure 15 » de son plan d’électrification des artisans, avec une session dédiée de l’appel à projets Decarb Flash de l’ADEME, dotée d’une enveloppe de 16 millions d’euros. L’objectif affiché est de financer environ 1 000 projets d’électrification artisanale, tous métiers confondus. Les modalités précises restent encore à confirmer, mais une prise en charge de 30 % du coût serait envisagée, bonifiable jusqu’à 50 % selon la taille de l’entreprise, avec un cumul possible avec des aides Carsat dans la limite de 60 %. Un dispositif parallèle, le Prêt Flash Électrique de Bpifrance, est disponible depuis le 1er mai 2026 pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Les technologies disponibles et leurs limites économiques

Le parc français compterait entre 20 000 et 25 000 cabines de peinture, dont une bonne partie vieille de plusieurs décennies. Selon OMIA, 98 % des équipements sortant actuellement de son usine, soit environ 400 cabines par an, fonctionnent encore au gaz.

OMIA (E-AMONTO) combine résistances électriques et récupération de chaleur, avec une réduction de puissance annoncée de 65 %, pour un coût d’environ 90 000 euros contre 60 000 euros pour une cabine gaz équivalente. Romain Meunier, directeur commercial d’OMIA, résume la philosophie du produit : « Notre volonté était de ne pas changer le métier du peintre », tout en reconnaissant qu’économiquement, une cabine électrique fait aujourd’hui moins de sens financier.

Spanesi (Electra) associe résistances et séchage infrarouge, avec une simulation de consommation passant de 61 586 à 23 811 kWh par an, soit une baisse de 61 %, pour un coût d’environ 100 000 euros contre 60 000 à 70 000 euros pour une cabine GPL. Pascal Paillet, gérant de Spanesi France, évoque une puissance électrique nécessaire d’environ 100 kW. D’autres acteurs avancent des solutions alternatives : CMC/Italcan avec sa cabine infrarouge Raptor, déjà installée dans une quarantaine d’ateliers en France, et CarProXpert, qui teste une solution à pompe à chaleur en région parisienne. Weinmann, qui représenterait environ 30 % du marché français de la carrosserie, refuse pour l’instant le tout-électrique et privilégie l’optimisation des cabines existantes.

Le point de vue des carrossiers sur le terrain

David Ribeiro, carrossier à Tourcoing à la tête d’une entreprise de 15 salariés réalisant environ 1,9 million d’euros de chiffre d’affaires, et président national des Carrossiers chez Mobilians, reste prudent. Il souligne le manque de recul sur ces technologies encore récentes et juge le calendrier de l’aide publique trop serré, rappelant avoir lui-même attendu deux ans entre l’achat et l’installation d’une cabine dans son propre atelier.

Sources

Benjamin Brait
Benjamin Brait
Responsable Développement Commercial France, RecambioFacil

Benjamin Brait, Français résidant en Espagne, possède une vaste expérience dans le développement commercial international, particulièrement dans le secteur de l'exportation. Tout au long de sa carrière, il a occupé des postes stratégiques visant à renforcer les relations commerciales entre la France et les marchés étrangers. En tant que Responsable du Développement Commercial pour la France chez RecambioFacil, il joue un rôle clé dans la croissance et l’implantation de l’entreprise sur le marché français, en utilisant son expertise pour créer des synergies entre les marchés français et espagnols.

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